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Dans le cadre de mon Master 1 Etudes européennes et affaires internationales à l’université de Cergy-Pontoise, j’ai rédigé un mémoire sur les néoconservateurs américains. Ce mémoire date de juin 2007 et a recueilli la meilleure note. Vous pouvez le consulter en ligne depuis le sommaire au bas de cette page. Les différents articles reprennent peu ou prou les différentes sous-parties du mémoire, avec l'avantage des illustrations. N’hésitez pas à laissez vos critiques en commentaire. Bonne lecture.
« Une vertu insipide qui n’est pas soutenue par la force est tout aussi pernicieuse et encore plus perfide que la force dissociée de la vertu. » Théodore Roosevelt, Lettre à Hugo Munsterberg, 3 octobre 1914 In The letters of Theodore Roosevelt, Harvard university Press, 1954
INTRODUCTION
On a découvert les néo-conservateurs au début de la crise irakienne, sous la première administration George Bush Junior. C’est en voulant
expliquer la détermination des Etats-Unis à envahir l’Irak et à se débarrasser de la dictature de Saddam Hussein que les principaux médias français ont commencé à évoquer les néoconservateurs.
Les troubles diplomatiques entre la France et les Etats-Unis, nourris par une tradition gaulliste très présente dans la classe politique française ainsi que par une divergence de vue notoire sur
l’application du droit international, ont produit un contexte dans lequel les néoconservateurs ont été réduits à un groupe d’extrémistes politiques de la droite républicaine américaine. Presque
deux ans après les attentats terroristes du 11 septembre au World Trade center, la démarche américaine a été largement rejetée en France et dans le monde car elle est apparue davantage comme un
caprice servant les intérêts stratégiques américains (encerclement de l’Iran par l’ouest après avoir envahi l’Afghanistan à l’est, enjeux pétroliers…) qu’une action légitime contre un danger
avéré. L’inexistence ou la falsification de preuves d’ armes de destruction massive ou de liens avec Al-Quaeda, ajoutés aux critiques explicites d’Hans Blix, chef des inspecteurs de l’Agence
Internationale de l’énergie atomique (AIEA), à l’encontre de Washington, l’impossibilité probable des Etats-Unis a réunir une majorité de voix au sein du Conseil de sécurité des
Nations-Unies…tous ces éléments ont isolé les néoconservateurs sur le plan diplomatique. Leur méfiance envers les institutions internationales, en particulier l’ONU, jugée trop naïve pour être à
la hauteur des enjeux internationaux, ainsi que la décision, mûrement réfléchie, d’entrée en guerre sans l’aval onusien le 19 mars 2003, ont achevé leur marginalisation. D’isolés à marginaux, les
néoconservateurs en ont été réduits à n’être plus guère définis que par leur bellicisme, voire leur fanatisme, si l’on reprend la rhétorique des critiques les plus antiaméricaines qui ont été
formulées. Or, le mouvement néoconservateur, bien qu’il soit apparu récemment au grand jour, n’est pas une nouveauté. C’est le débat entre le rapport entre la force et le droit qui a fait émerger
ce mouvement. Jusqu’à quel point l’Occident peut et doit mettre en œuvre des moyens militaires pour défendre ce qui est défini comme juste ? Etymologiquement, le fait de rendre justice se définit
comme « dire le droit » (Jus dicare). Mais comment faire lorsque nos propres valeurs morales nous conduisent à penser que le droit, international en l’espèce, nous empêche de faire ce que l’on
considère être « juste » ? Entre la nécessité de respecter le droit international et celle de mettre fin à une dictature criminelle, il y a un choix que le politique doit faire. Les européens ont
répondu en un sens à cette question lors de l’intervention en Serbie en mars 1999, en créant un précédent d’intervention armée sans l’accord de l’ONU pour mettre fin aux crimes de Slobodan
Milosevic. C’est à partir de ce débat entre l’idéal moral et la réalité internationale que ce sont formés historiquement les courants de pensée américains en matière de politique étrangère, et le
néoconservatisme puise notamment sa force et son origine dans la conjonction de ces deux notions traditionnelles. L’objet de cette étude est d’une part de démontrer que le néoconservatisme, loin
de n’être qu’un produit du 11 septembre 2001, est un mouvement de pensée politique complexe mais cohérent qui a plus de soixante ans d’histoire ; et d’autre part d’analyser l’évolution de
l’idéologie néoconservatrice de son origine jusqu’à ses derniers développements après la fin guerre froide. Après avoir décrit les différents courants en matière de politique étrangère à travers
l’histoire américaine, nous définirons dans une première partie les principes de l’idéologie néoconservatrice, qui s’en aspirent largement. La seconde partie portera sur l’évolution historique du
mouvement néoconservateur, du trotskysme des années quarante jusqu’au reaganisme de la fin de la guerre froide. Nous montrerons dans une troisième partie que c’est après cette date que le
néoconservatisme a amorcé un virage idéologique pour atteindre sa dernière phase historique : le messianisme démocratique, dans sa version la plus agressive et la plus unilatérale.
Créé en 1985, l'Année stratégique est un ouvrage annuel de l'Institut de relations internationales et
stratégiques (IRIS) qui s'est imposé comme une publication de référence sur les questions internationales de l’année écoulée.
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Les articles sont accompagnés d'abondants documents statistiques, cartographiques, et chronologiques. Le tout est complété par des références de sites internet et des renvois
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Politique étrangère, la
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